Sécurité intérieure : la société civile doit s’engager

Après les attaques du 13 novembre 2015, l’engagement de tous les acteurs de la société civile est désormais une condition essentielle pour prévenir les risques et limiter l’ampleur des dommages directs et indirects que pourraient provoquer de nouvelles attaques sur notre territoire.

La sécurité Intérieure est une responsabilité collective dans laquelle les entreprises doivent s’impliquer. Ces dernières ont la responsabilité morale de mettre en place des mesures de sécurité économiques et de contribuer à l’effort de guerre permettant ainsi le renforcement global de la sécurité nationale.

Limiter notre exposition au risque et se réapproprier l’Esprit de Défense

S’inscrivant dans un rapport du faible au fort, caractéristique de la stratégie indirecte et des préceptes de la guerre révolutionnaire, les terroristes cherchent des cibles molles.

Agissant de manière décentralisée, ayant pour objectif de créer sidération et effroi moral, ils cherchent à frapper les points faibles, là où il n’y a pas ou peu de mesure de sécurité (Salles de spectacle, écoles, centre commerciaux, cinémas, lieux de rassemblement…) et là où ils obtiendront un effet majeur tant en de nombre de victimes que d’impact médiatique.

Pour limiter les effets de cette stratégie du « bilan », il convient de créer des cercles de sécurité concentriques afin d’offrir aux coups potentiels de l’ennemi la plus petite surface possible.

L’ampleur des dernières attaques dont a été victime notre pays (Charlie Hebdo, 13 Novembre) et les tentatives d’attentats dans le Thalys ou de Sid Ahmed Glam sur le Sacré Cœur de Paris ont modifié notre perception du risque.

Le caractère purement aléatoire de ce type d’attaque doit engendrer une prise de conscience auprès des responsables économiques qui doivent se réapproprier l’esprit de défense.

Retrouver la liberté de manœuvre, reprendre l’initiative

L’opération Sentinelle a pour vertu de protéger les points les plus sensibles ; mais les autorités et les forces de l’ordre, même renforcées par l’Armée, ne peuvent assurer la sécurité des trop nombreux sites vulnérables présents sur notre territoire.

En figeant ainsi nos forces de sécurité, nous drainons de facto les terroristes vers les points les moins protégés.

Afin de rendre plus aléatoire le choix des cibles par des assaillants et les forcer à bouger pour identifier des cibles conformes à leurs impératifs (nombre de victimes et impact médiatique) et à leurs contraintes (cibles molles ayant le moins de mesures de sécurité), il convient que les forces de l’ordre retrouvent une liberté de manœuvre et soient affectées à des missions de patrouilles mobiles leur permettant d’occuper le terrain forçant ainsi l’ennemi à se découvrir.

Seule cette mobilité nous permettra de reprendre l’initiative et de ne pas subir le tempo imposé par les terroristes.

Plutôt que d’accepter que les terroristes frappent où ils veulent quand ils veulent, il faut les contraindre à restreindre leur champ des possibles limitant ainsi la magnitude des attaques qu’ils pourraient mener.

Sécurité intérieure : mobiliser la société civile pour éviter l’asphyxie de nos forces de l’ordre

Face à la menace permanente, diffuse et aléatoire à laquelle nous sommes confrontés aujourd’hui, la sécurité intérieure est l’affaire de tous.

S’il est du rôle régalien de l’Etat d’assurer la sécurité nationale, il ne peut plus tout faire. Et c’est l’ensemble des forces vives et de la société civile qui doit s’engager.

Le vivier des anciens militaires « opérationnels » ayant servi sous ‘’contrat court’’ et victimes des baisses d’effectifs pourrait rapidement et sur très court préavis seconder et soulager efficacement les forces de l’ordre dans des conditions administratives qu’il conviendra d’établir.

De nombreux effectifs pourraient ainsi être dégagés et réattribués sur les Points d’Importance Vitale (PIV) et stratégiques tandis que des forces « supplétives » (réserve opérationnelle et à terme des agents de sécurité privée armés) s’occuperont des points d’intérêts « tactiques » évitant l’asphyxie de nos forces de l’ordre.

Les forces de l’ordre et l’armée pourraient ainsi se concentrer sur leurs missions régaliennes : recherche du renseignement dynamique et exécution des procédures pénales pour les premières ; intervention sur les théâtres d’opérations extérieures comme c’est leur prérogative pour la seconde.

Quant aux entreprises, il leur appartient désormais d’acquérir la culture de la sécurité économique et de mettre en œuvre les moyens de leur sécurité (diligenter les audits de vulnérabilité physique, renforcer les procédures et les contrôles d’accès, renforcer la sécurité des sites sensibles, former et sensibiliser leur personnel…).

Mais surtout elles doivent faire appliquer et respecter les mesures de sécurité que la situation impose afin de limiter leur exposition au risque.

La question d’autoriser à terme des sociétés à disposer de gardes de sécurité armés devra aussi se poser.

David HORNUS – CORPGUARD ©