Démarque inconnue : peut-on s’en prémunir et comment réagir ?

Véritable fléau pour les entreprises, la démarque inconnue, et en particulier le vol de marchandises, coûte chaque année plusieurs millions d’euros aux entreprises. Entre mesures de prévention, systèmes de protection et recours possibles pour les entreprises victimes de vol, découvrez comment faire face à la démarque inconnue.

En mai dernier au Havre, quatre employés étaient condamnés pour avoir dérobé par palettes entières l’équivalent de 160 000 € de marchandises dans leur entreprise de logistique. Un cas sans doute exceptionnel par son ampleur, mais le vol de marchandises, souvent commis à l’unité, représente en bout de chaîne d’énormes pertes pour les entreprises.

Si la démarque inconnue en magasin est souvent un acte opportuniste, pas forcément prémédité, les voleurs les plus organisés qui anticipent le recel ne cessent, eux, d’inventer de nouveaux modes opératoires : DVD et jeux-vidéo glissés dans des paquets de lessive, sacs en aluminium pour brouiller la détection des portiques de sécurité…

De lourds enjeux financiers

L’impact économique de ces pratiques délictueuses est considérable. Au niveau mondial, la démarque inconnue représenterait plus de 100 milliards de dollars de pertes d’après le Global Retail Theft Barometer de Checkpoint Systems.

En France, les derniers chiffres connus, publiés par le Center for Retail Research en 2009, évaluent à près de 5 milliards d’€ les pertes dues aux vols. Soit un tiers du total de la démarque inconnue (également causée par les pertes et les casses). En 2015, le taux moyen de démarque inconnue en France était de 0.81% selon la même étude.

Les grandes surfaces, premières victimes de la démarque inconnue

La grande distribution est particulièrement touchée, avec un taux de démarque inconnue autour de 1% du chiffre d’affaires, mais qui atteint jusqu’à 10% dans certains rayons sensibles comme l’alcool, la beauté-parfumerie ou le textile.

Les voleurs sont à parts égales des employés (39%) et des clients (38%), suivis des fournisseurs (7%). Les 16% de pertes restantes demeurent non expliquées. Quant aux produits les plus souvent dérobés, il s’agit des chaussures de sport, des piles, des accessoires pour mobiles, des vins et alcools et des lames de rasoirs.

Formation et surveillance pour prévenir les vols en magasin

Si le constat est inquiétant, des mesures permettent de limiter ce risque parfois négligé.

  • La surveillance humaine

Le recours à la technique classique mais éprouvée du vigile à l’entrée du magasin reste largement répandue, adoptée par près de 2/3 des enseignes.

  • Les systèmes de surveillance et de protection électroniques

Étiquettes antivol, puces électroniques, boîtiers sécurisés, systèmes de surveillance vidéo, portiques de détection… la technologie est de plus en plus plébiscitée par les enseignes à commencer par la vidéosurveillance (76%) et les systèmes antivols (73%).

  • La formation des salariés et le nécessaire inventaire

Un travail de fond auprès des salariés peut être mené. C’est même une priorité, pour les sensibiliser aux impacts de la démarque inconnue, qui pénalise directement leur entreprise, et aux risques très sérieux encourus par les voleurs. En parallèle, un inventaire régulier permet d’apprécier à temps des anomalies comptables.

Tout cela représente évidemment un coût : en 2013, la grande distribution a investi dans la sûreté près de 0,5 % de son chiffre d’affaires, soit près de 2 milliards d’€.

En cas de vols internes, l’importance de récolter des preuves

En cas de vol de marchandises ou de liquidités, c’est à l’entreprise de prouver le délit pour mener une action en justice. Un travail d’administration de la preuve qui nécessite à la fois les compétences humaines et techniques de professionnels de l’investigation, mais aussi la connaissance et le respect des lois, pour que ces preuves soient recevables.

Il est donc impératif, pour l’entreprise victime de vol, de se faire accompagner par un avocat et de s’entourer de professionnels de l’investigation pour entreprises. Non seulement pour réunir les éléments de preuves essentiels, mais aussi pour identifier les causes et les risques de démarque inconnue.

Un besoin ? Des questions ?

0 + 4 = ?